La tonne de cannabis était importée par un réseau du sud de l’Oise

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Suite à la saisie d’une tonne de cannabis samedi dernier en Eure-et-Loir, les policiers ont interpellé 7 individus, dont quatre habitants de Nogent-sur-Oise, cerveaux présumés d’un trafic de grande ampleur

La saisie record est à mettre au crédit de la police judiciaire (PJ) de Creil. Samedi dernier, ses agents, accompagnés de leurs homologues de Versailles (Yvelines), ont interpellé sur une aire de l’A10, au niveau de la commune de Fresnay-l’Évêque (Eure-et-Loir), trois hommes dans le cadre d’un go-fast.

À l’intérieur de l’un des véhicules, pas moins de 33 ballots siglés « AK-47 » contenant 1,082 t de résine de cannabis. La drogue, en provenance du Maroc, remontait pour alimenter divers trafics dans le nord de la France.

Trois biens immobiliers ont été saisis

Une très belle prise qui, deux jours plus tard, a permis aux enquêteurs d’interpeller une partie des commanditaires de ce go-fast, trois en région parisienne et quatre à Nogent-sur-Oise. Ce sont ces derniers qui, en janvier, avaient attiré l’attention des enquêteurs creillois. Plusieurs ont été mis en examen pour trafic de stupéfiants. Sept ont été placés en détention provisoire.

Creil, ce vendredi. De g. à d. : Jean-Marie Parouty, chef du Groupe d’intervention régional de Picardie, Hervé Gac, responsable de la PJ de Creil, Jean-Baptiste Bladier, procureur de la République et Romuald Muller, directeur régional de la police judiciaire. LP/B.D.

Lors des perquisitions, les policiers ont mis la main sur des armes, des montres de luxes, une compteuse à billets et huit véhicules, dont une Porsche. Les agents du Groupe d’intervention régional (GIR) ont aussi identifié trois biens immobiliers, dont un pavillon à Creil. La valeur de ce qui aurait été acheté grâce à l’argent du trafic est estimée à 1,5 M€.

« Un travail exceptionnel » et surtout un « résultat hors-norme », s’est félicité le procureur de la république de Senlis, Jean-Baptiste Bladier, ce vendredi, dans les locaux de la PJ de Creil. Le magistrat a aussi souligné la rapidité de l’enquête.

« Souvent, ce type de dossiers nous emmène sur plusieurs mois, voire des années, pour arriver à ce résultat, ajoute Romuald Muller, directeur régional de la police judiciaire. Ce n’est pas un réseau purement régional. Ce sont des grossistes qui revendent à des semi-grossistes sur l’ensemble du territoire. »

Une méthode à la Pablo Escobar

Outre la quantité, le produit en lui-même interpelle. « Du shit d’une excellente qualité », résume un enquêteur en souriant. La résine analysée contient en effet un taux de 37 % de THC (Tétrahydrocannabinol, molécule active du cannabis), contre 25 % habituellement.

Le tout « pour un prix de revente identique », précise Romuald Muller, rappelant une technique utilisée par le célèbre baron de la drogue, Pablo Escobar, qui vendait une meilleure cocaïne au même prix « pour rafler le marché »…