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Beauvais : l’intrigante scène du crime de la tentative d’assassinat au harpon

Depuis le début du procès de Claude V., qui a débuté vendredi, à Beauvais, devant la cour d’assises de l’Oise, le 13 rue Roger-Salengro a souvent été qualifié de « fourre-tout ». Que se passait-il réellement derrière les murs de cet endroit, propriété de l’accusé? Au-delà d’une scène de crime où, en 2016, Claude V. a tiré au harpon sur l’homme à qui il devait 40 000 €, les lieux regorgent de questions qui, à ce jour, restent encore sans réponses.

D’abord il y a ce sac d’armes avec lequel Claude V. se présente au commissariat de Beauvais, deux heures après les faits. Aux policiers, il expliquera qu’il l’a trouvé dans cette fameuse propriété qu’il prêtait à la victime, Sami. Selon l’accusé, c’est après avoir demandé des explications sur leur provenance que ce dernier l’a agressé à coups de pelle. Aussi, il indique avoir tiré au harpon car il se sentait menacé par le pistolet que la victime avait à la ceinture.

Une voiture avec une cache, de l’héroïne…

Dans le sac en question, les experts relèveront plus tard l’ADN de Sami sur la crosse d’une kalachnikov. À la barre, ce lundi, la victime indique que c’est Claude V. qui lui avait un jour montré le fusil automatique. « C’est possible que je l’ai touché », reconnaît-il, tout en précisant que l’accusé « a toujours des armes ». Pour autant, pas de trace de l’ADN de Claude V. « Il a toujours des gants », complète Sami.

Au lendemain des faits, lors de la perquisition, les policiers trouveront également dans l’habitation des pains d’héroïne, des cagoules, du matériel pour couper la drogue ou encore plusieurs cartes SIM. Dehors, une Golf, avec une cache où l’on trouvera 1,5 kg d’héroïne et un scooter TMax, avec une plaque d’immatriculation dissimulée… « Le matériel du parfait petit trafiquant », commente un enquêteur de la police judiciaire, pour qui les personnes qui fréquentent les lieux frayent avec « le grand banditisme ».

Verdict attendu mercredi

Pour les deux avocates de Claude V., ces découvertes constituent autant d’éléments qui accréditent la thèse de leur client, celle qui le décrit comme celui qui a été agressé, par une « victime » au profil trouble. « Sur la balance, la cagoule, la kalachnikov, ce n’est pas l’ADN de Claude V. que l’on trouve », a rappelé Me Chloé Arnoux, faisant allusion aux multiples empreintes génétiques retrouvées sur place et appartenant à la victime.

Mais ce terrain s’annonce épineux. Si Sami a été mis en examen pour la drogue et jugé dans le cadre d’une autre procédure, il a été relaxé. Et ses empreintes génétiques sur l’arme ? « Elles n’ont pas donné lieu à des poursuites », rappelle la présidente Patricia Ledru. Ce mardi, les deux hommes devraient être entendus sur les faits.

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